Le système de la Nam Dôn

La plus longue cavité du Laos (42 km)

 

par Charles Ghommidh


Par son développement, il s’agit du plus grand réseau au Laos, devant Tham Nam Non (28 km, Khammouane, vallée de la Nam Hin Boun) et devant Tham Chom Ong (18 km, Oudomxai, Nord Laos). Avec plus de 40 km topographiés, il se place au 3ème rang des cavités du sud-est asiatique.



L’immense salle Khamsone (190 x 150 m), au confluent de Tham Houay Saï et de Tham Khoun Dôn. © B. Galibert - 2011




Localisation

République Démocratique Populaire du Laos (LPDR), Khammouane, district de Thakhek, village de Ban Na

    Tham Khoun Dôn 48Q 486420 m E, 1941915 m N, 160 m

    Tham Houay Say 48Q 487135 m E, 1941800 m N, 165 m


Accès

































Le village de Ban Na, une quarantaine de maisons traditionnelles, blotti au pied du karst et cerné par les rizières. © C. Ghommidh - 2011



Sur la piste, à l’ouest de Ban Na, un kilomètre avant la clairière. © C. Ghommidh - 2011


Cartes topographiques




Plan
général du système

Une topographie plus détaillée sera présentée lorsque les résultats de l’expédition K14 auront été analysés.



Description

Le système comporte deux accès principaux : Tham Khoun Dôn – la grotte de la Source de la rivière Dôn -  à proximité de Khoun Dôn, la résurgence pérenne, et Tham Houay Saï – la Grotte du Ruisseau de Sable (ou grotte du Ruisseau Limpide ?) - émergence temporaire. Il existe plusieurs autres issues, au milieu du karst, qui seraient très difficiles d’accès par l’extérieur :

  1. -L’aven des Chèvres est l’un des points hauts du système, à +210 m,

  2. -la Porte du Gypse (+170 m) un peu en contrebas à l’est, est une étroiture entre les blocs conduisant à un talweg desséché.

Ces deux sorties ont été découvertes en 2005.

  1. -La Porte Est est une issue, découverte en février 2011, sur le flanc d’une doline baptisée Kouan Pheung - la Doline des Abeilles - à l’extrémité des réseaux Est.

  2. -Les grottes de la Roche au Miel sont des ouvertures latérales à l’ouest de T. Khoun Dôn, en aval du Carrefour des Chauves-Souris.

Nous ne décrirons ici que le parcours historique permettant de traverser la cavité jusqu’à la Porte Est, en direction des pertes qui alimentent le système. D’autres itinéraires existent et seront décrits dans un prochain rapport.


La galerie d’entrée de Tham Houay Saï

Pour accéder aux extrémités du réseau, il est plus rapide de passer par l’entrée de Tham Houay Saï. Le sol de l’entrée est encombré de gros blocs polis par l’eau, qui lorsque l’émergence est active, transporte des quantités importantes de sable. La galerie, de profil rectangulaire, plus large que haute, se développe vers le nord sur 500 mètres, en faisant quelques coudes. Le premier, à 100 m de l’entrée, marque la fin des blocs. A cet endroit, une laisse d’eau profonde barre la suite d’une galerie latérale par laquelle arrive un puissant courant d’air. A gauche, la cavité se poursuit, toujours aussi large, jusqu’à un coude vers l’est, qui correspond à une fracture, bien visible en plafond. La galerie redescend jusqu’à une vasque, en relation directe avec la laisse d’eau précédente. On poursuit à gauche après le point bas, en direction du Nord, sur un petit éboulis. Sur l’itinéraire, sur le flanc gauche de la galerie, les dépôts de sable alternent avec des portions de roche polie et érodée. Un gros éboulis occupe le coté droit de la galerie. On parcourt au trot une centaine de mètres, en laissant un départ évident sur la gauche, galerie de 6 x 4 m, au sol perforé de marmites par l’érosion, qui rejoint l’itinéraire principal 150 mètres plus loin. Il est plus confortable de continuer dans l’axe, tout en restant sur la gauche de la galerie, en contournant quelques blocs, jusqu’à un embranchement une cinquantaine de mètres plus loin.
-- A
droite, presque en ligne droite, la galerie se dirige vers un chaos rocheux, à travers lequel un passage remontant a été trouvé, qui conduit à la Salle des Flibustiers, grand vide de 100 x 100 x 30 m. La suite se situe au nord de la salle, dans la Galerie Bocuse, au sol poli parsemé de marmites superbes et aux parois couvertes de coups de gouges, qui conduit au Passage du Lac. C’est là probablement le cours souterrain principal de la rivière de Houay Sai pendant la saison humide.

- A gauche, après un abaissement de la voute, juste après un large pilier qui divise momentanément la galerie en deux, le sol de la galerie devient argileux, jusqu’à un chaos de blocs. En face, on accède à la Grande Faille, mais l’itinéraire est là encore délicat, et il est préférable de tourner à nouveau à gauche (vers l’ouest), dans la Galerie du Sable. En s’avançant d’une centaine de mètres, on délaisse en passant, sur la droite, une remontée en plan incliné sur le talus de sable, accès au shunt BerLau, itinéraire qui nécessite un équipement en vire. Nous en reparlerons plus loin.

La galerie, horizontale, est couverte d’une épaisse couche de sable. On parvient à une laisse d’eau, en relation avec la Grande Faille et la Galerie Bocuse plus à l’est. Dans la voute, sur la droite, un réseau de petites galeries perchées (2 x 2 m) rejoint le shunt BerLau. La laisse d’eau, baptisée Lac du Canot, au-dessus de laquelle la voute s’abaisse à 1 m, est balayée par un puissant courant d’air.
Elle se franchit à la nage (l’eau n’est pas  froide, 21°... on est au Laos !), ou à l’aide d’un petit canot gonflable qui fera l’aller-retour pour tous les membres de l’équipe, pour peu qu’on ait pensé à emmener une cordelette suffisamment longue. Derrière, la galerie s’élargit, s’oriente au nord, et change totalement d’aspect, en devenant plus haute que large. Les dimensions restent respectables (L6 x H12 m). Le sol est argilo-sableux, les parois sont corrodées, signes de stagnation de l’eau, alors que jusqu’ici la progression s’était faite dans des galeries où l’érosion était prédominante. Sur la droite, une dizaine de mètres après la baignade (ou le canotage), un plan incliné constitue le débouché du shunt BerLau. Une vingtaine de mètres plus loin, à gauche, une galerie déchiquetée amène en 100 m à un ressaut qui surplombe le Lac des Plongeurs. En restant sur l’itinéraire principal, le profil en diaclase verticale s’accentue. Dans le haut de la galerie, subsistent des lambeaux de plancher stalagmitique. Alors que l’on craindrait devoir se baisser, à hauteur d’un amas de blocs qui barre la galerie, on grimpe de trois mètres sur la droite (étrier en place), on monte encore un peu en contournant l’obstacle pour poursuivre la progression sur le plancher stalagmitique un peu plus loin dans la diaclase. Deux ouvertures béantes au sol se contournent par la gauche. Il est préférable d’installer là une main courante pour palier aux risques de chute amplifiés par la fatigue lors du retour. A l’extrémité de la diaclase, un ressaut de 4 mètres demande à être équipé. Nous sommes au Ressaut Bambou, ainsi nommé parce que, pour accélérer la progression, nous y avions installé en 2011 un mat de perroquet en bambou (5 m), aujourd’hui remplacé par une échelle en alu. Nous sommes à 900 m de l’entrée, face à une muraille constituée de blocs d'effondrement, qui, les pieds dans l’eau, verrouille l’accès sud à la Salle Khamsone. A gauche, on butte sur une diaclase dont le fond est occupé par l’eau, qui rejoint vers le sud le Lac des Plongeurs.


Daniel dans la vire du shunt BerLau © B. Galibert, 2011



La salle Khamsone

Une montée facile en écharpe (main courante en place), depuis la base du ressaut Bambou, permet d’accéder à la salle Khamsone, immense vide souterrain de 190 x 150 x 40 m, découvert en 1998 à partir de l’entrée de Tham Khoun Dôn. La jonction avec Tham Houay Saï n’a été utilisable qu’à partir de 2006, lorsque le pas d’escalade a été équipé après une longue séance de nettoyage pour éliminer les blocs les plus instables.

On traverse la salle Khamsone en descendant jusqu’à la Rivière de Pierre, ruisseau sec barré de gours superbes, alimenté en période de hautes eaux par le déversoir d’une vasque située au pied de la paroi Est de la salle. On grimpe en face dans l’éboulis, à la recherche du point haut de la salle, où un cairn sert de repère pour la suite.


 

La rivière de Pierre : des gours un peu friables, constitués d’un mélange de paillettes de calcite et d’argile. A gauche, vue vers l’amont où la progression est arrêtée sur un siphon temporaire au pied de la paroi visible en arrière-plan ; à droite, vue vers l’aval, où la galerie se poursuit, aquatique, et se connecte plus à l’Ouest à la Grande Boucle. Le niveau des hautes eaux est marqué par la coloration brune de la paroi. © Bernard Galibert, 2011.



Depuis le cairn, vers le Nord-ouest, une descente rapide sur un éboulis pas très bien stabilisé constitue la suite de la Grande Boucle, et donne accès à une vaste galerie fossile à peu près horizontale qui rejoint 1500 m plus loin les galeries de Tham Khoun Dôn. Cet itinéraire sera décrit une autre fois.

Vers l’Est, après un cheminement sur la crête de l’éboulis, une grosse galerie descendante donne accès à une longue dune de sable puis se divise, au niveau d’un carrefour baptisé Auchan, en deux branches, orientées à l’Est et au Sud. Celle du sud s’épanouit sur la vaste Esplanade du Sable, galerie-salle dont la seule issue est, sur son flanc sud, le Passage du Lac, point de jonction aquatique avec la Galerie Bocuse, déjà citée. Vers l’Est une grosse galerie occupée par une longue laisse d’eau, la Rivière, se poursuit sur quelques centaines de mètres jusqu’à un siphon. Sur son flanc Nord, on repère une galerie qui se développe en parallèle dans le joint de strate incliné. Nous en reparlerons un peu plus loin.

Le Labyrinthe de Houay Saï

Un très gros cairn marque le point haut de la salle Khamsone. Vers le Nord-Est, sous un vaste linteau dessiné par l’avancée des strates, on accède à un passage bas, balisé par du ruban plastique (rubalise rouge et blanche). Sur la voute, une vieille flèche tracée à l’acétylène indique également le passage. C’est le point d’accès historique au Labyrinthe de Houay Saï. On se trouve alors dans une galerie en inter-strate relativement basse (2-3 m), mais très large. En effet, un joint de stratification, dont le pendage (25°) est orienté au sud, a été largement déblayé, et des galeries, parfois séparées de leurs voisines par de simples piliers, courent en tous sens. Sur la droite, vers l’Est, l’itinéraire remonte un peu. Le sol de la galerie est un superbe lapiaz découpé par la corrosion. Après une cinquantaine de mètres, la galerie entame une descente vers l’Est, mais on bifurque sur la gauche, en montant sur une pente de sable qui suit le plan de stratification, et en progressant dans une galerie (4x4 m) qui méandre un peu. On laisse quelques départs sur la gauche. En deux cents mètres, on débouche dans une galerie plus large, au sol très corrodé. A gauche, la galerie remonte encore en direction de la Galerie 20x20, qui donne accès à un niveau inférieur, dont nous parlerons une autre fois. Pour aujourd’hui, la suite est à droite, en descendant dans une large galerie poussiéreuse, au sol tantôt sableux, tantôt encrouté de calcite. On reste dans l’axe en ignorant des départs latéraux. La galerie s’élargit et on parvient à un large balcon, point bas dont le flanc Est se serait effondré, le Carrefour des Chèvres. Un gros cairn matérialise la jonction avec le départ remontant vers le nord de la Galerie des Chèvres. En face, on domine la suite. C’est là le seul point d’entrée utile des réseaux Est.

On peut atteindre ce point plus directement et plus confortablement, en économisant une centaine de mètres de dénivelé. L’itinéraire démarre depuis la Rivière de Pierre dans la salle Khamsone, qu’on remonte d’abord jusqu’à son déversoir, au pied de la paroi Est. On grimpe l’éboulis à gauche (vers le nord) jusqu’à atteindre l’entrée de la galerie Auchan dans laquelle on ne descend pas directement : on traverse en écharpe l’éboulis à peine stabilisé sur le flanc nord de la galerie, pour atteindre le Carrefour de la Vache, qui domine Auchan. De là, vers l’Est, le parcours emprunte d’abord une succession de larges galeries horizontales au sol sableux. Après un point bas, vaste carrefour argileux qui laisse à droite un accès vers la Rivière, au niveau du siphon terminal, le parcours devient labyrinthique. Il emprunte vers le Nord-Est une série de galeries variées, au sol perforé de cupules et marmites, où il faut suivre avec attention le balisage (rubalise) pour rejoindre finalement le Carrefour des Chèvres.

Les réseaux Est

A partir du Carrefour des Chèvres, on désescalade par la gauche un petit ressaut et la galerie s’élargit, alors que le sol se recouvre d’argile. On reste sur la gauche et on suit le balisage en traversant une galerie-salle basse, toujours argileuse, jusqu’à une zone éboulée où le cheminement, face au courant d’air (pas toujours présent !), grimpe de 7-8 m sur les blocs pour redescendre d’une dizaine de mètres immédiatement après un court crochet à gauche. Il s’insinue alors dans un des rares passages étroits de la cavité (et encore... on le franchit kit sherpa sur le dos !) pour aboutir sur la gauche dans la voute d’une large galerie horizontale dans laquelle on prend pied, après une désescalade d’une dizaine de mètres qui mériterait la pose d’une main courante. Quelques flaques, peuplées de rares crabes dépigmentés, subsistent ça et là. Des chauves-souris nichent occasionnellement au plafond. A partir de ce point, la progression est beaucoup plus facile. On circule en effet au bas d’une galerie de section oblique, le Boulevard Est, qui se développe à l’horizontale, pratiquement en ligne droite et presque sans obstacle. On remarquera l’inversion du courant d’air au long de la progression, qui indique que des entrées hautes alimentent le réseau, avec diffluence du flux d’air. On va parcourir un petit kilomètre le long du Boulevard Est, pour parvenir à la Salle du Lac, galerie-salle de 110 x 50 x 20 m, au sol sableux encombré de gros blocs et occupée à l’Est par un lac profond. Réseaux du Tigre

Auparavant, peu après le début du Boulevard Est, plusieurs possibilités de continuation, en montant suivant le pendage sur la gauche de la galerie, se repèrent facilement. Elles donnent accès à deux réseaux parallèles. Une première galerie permet d’atteindre la salle du Tigre, dans laquelle un crâne d’ours (probablement Helarctos malayanus) a été découvert en 2006, ainsi qu’une empreinte de patte légèrement calcifiée (découverte en 2011), un peu plus loin dans la galerie qui fait suite. Une seconde galerie débouche dans une suite horizontale qui constitue le réseau du Youki, exploré en 2014 et 2015, et par lequel arrive le courant d’air, origine de la diffluence qui alimente ensuite le Boulevard Est en direction de la Porte Est.

Le Grand Canal

Depuis la Salle du Lac, on peut revenir vers l’ouest, dans une galerie sensiblement parallèle au Boulevard Est. Une centaine de mètres plus loin, on rejoint une rivière calme, qui, selon les années et le niveau d’eau, soit occupe la totalité de la galerie, soit se divise en biefs connectés par un petit écoulement. Sur près d’un kilomètre, on canote en ligne droite dans le Grand Canal, rue d’eau de 20 m de large, de section triangulaire parce que la voute suit le pendage du toit calcaire vers le sud (20°). La galerie est finalement barrée par un massif stalagmitique. La suite est peut être dans une lucarne repérée depuis la rivière, inaccessible sans talents de grimpeur. A cet endroit, on est très proche du siphon terminal de la Rivière et des galeries à la base du Labyrinthe, et une jonction devrait pouvoir être trouvée.

En suivant vers l’Est le flanc nord de la Salle du Lac et en chassant le courant d’air, on découvre la suite : un passage bas, au ras du sol, dans lequel le vent s’engouffre en ronflant, donne accès à une petite galerie accidentée qui retombe en une centaine de mètres dans une très grosse galerie, la Rivière de Sable. A droite, la galerie est inondée et ramène, d’un coup de canot, jusqu’à la Salle du Lac.  Le plafond s’abaisse en une voûte mouillante qui, de l’autre coté, avait arrêté l’exploration en février 2006 (désamorcée en février 2011).



La voute mouillante qui avait arrêté l’exploration en 2006, désamorcée en 2011 et 2015. La bande claire indique le niveau de stagnation. La galerie se remplit jusqu’à la voute, très corrodée, pendant la saison des pluies © Phil Bence 2011 - © Serge Caillault 2015)



La Rivière de Sable. Le toit oblique révèle le pendage des couches.

Au fond, la lueur de la Porte Est Phil Bence - explo.fr)




Du coin de l’œil, dans le prolongement de la galerie, on distingue une lueur dans le lointain. Trois cent mètres de galerie horizontale triangulaire, au sol couvert d’un épais dépôt de sable mélangé à des débris végétaux, lit asséché d’une grosse rivière temporaire, conduisent à un chaos rocheux ouvert sur l’extérieur, la Porte Est. Au pied de l’éboulis, sur la droite, un petit bout de galerie déclive amène au siphon Est qui bloque toute continuation. L’éboulis gravi, on ressort au soleil dans Kouan Pheung, la doline des Abeilles. En face, une cinquantaine de mètres plus loin, on distingue le très large porche oblique de Tham Kouan Pheung, suite évidente du réseau. Cette grotte ne fait que traverser une épaule calcaire qui sépare la doline des Abeilles de sa voisine, mais nous y avons tout de même exploré 600 m de grosses galeries étagées.

En traversant la seconde doline, on accède une trentaine de mètres plus loin à Tham Kaohong, superbe grotte découverte par B. Galibert en 2012, qui a livré 3 km de galeries.



Le grand canal de Tham Kaohong  © B. Galibert, 2012

                                 

Le Gardien  © B. Galibert, 2014


Après quelques centaines de mètres de parcours chaotique, on retrouve la rivière, qui prend immédiatement des allures Xé-Bang-Faïesques (la Xé Bang Faï souterraine est une des plus grosses rivières souterraines au monde, située elle aussi au Khammouane, une centaine de kilomètres plus à l’est). Le Grand Canal se développe toujours vers l’Est dans une galerie de 40 m de section. La progression est arrêtée par un profond siphon amont, dont l’accès est verrouillé par le Gardien, majestueuse colonne de 26 m de haut, plantée seule au milieu de la rivière. Un gros siphon barre aussi la galerie vers l’aval.

Tham Khaohong possède une deuxième entrée, découverte indépendamment depuis l’extérieur par notre grand fureteur Johannes Lundberg. Elle s’ouvre sur le flanc de Kouan Kaohong, une grande doline située une centaine de mètres au nord de Kouan Pheung, bien marquée sur la carte au 1:50000ème. De là, une longue galerie rectiligne, orientée O-S-O, encombrée de quelques éboulis, rejoint le Grand Canal.

A quelques mètres au nord de l’entrée Johannes s’ouvre Tham Phé Paï Thon May, la ”grotte du radeau des Arbres”, découverte en février 2014 par L. Campo et D. Cleyet-Marrel, de l’équipe du Radeau des Cimes. L’exploration de cette nouvelle cavité a déjà livré 1.5 km de galeries et s’ouvre à l’Est sur une profonde doline. Comme ailleurs, la suite se trouve en face, mais l’accès de la nouvelle cavité est malheureusement condamné par un éboulis. A suivre...

Rendez-vous en 2016, évidemment, car il ne reste maintenant qu’à peine plus d’un kilomètre pour rejoindre les pertes du système ! Bientôt 60 km ?



Tham Phê Pha Thon Maï, la surprise de K14  © B. Galibert, 2014



 

Flo dans le ressaut Bambou. © P. Bence, 2011

Depuis Thakhek, suivre vers le nord-est la route nationale n°12. Après 4.0 kilomètres, comptés depuis le carrefour avec la route nationale n°8 dans Thakhek, emprunter à gauche la large piste qui se dirige vers Ban Nakhangxang et Tham Pha Fa. Une signalétique clairement visible est maintenant en place. La piste rejoint rapidement le tracé de la voie de chemin de fer qui aurait dû relier Thakhek au Vietnam. Ce projet colonial ne fut jamais achevé, et il n’en subsiste aujourd’hui qu’un étroit pont en béton sur la Nam Dôn. Après 6.8 km de piste, on parvient à un large carrefour. Au lieu de tourner à gauche vers Tham Pha Fa, la célèbre grotte aux bouddhas, continuer en ligne droite vers le nord en pénétrant dans le karst. Franchir à nouveau la Nam Dôn, ici presque à sec, sur un pont de bois, et parvenir jusqu’à Ban Phondou. Peu après l’entrée du village, tourner à gauche, vers le nord-ouest pour rejoindre Ban Na, petit village qui accueille notre camp de base.

Quitter le village en suivant la piste vers le nord-ouest pendant environ 2 kilomètres. Traverser un thalweg pour atteindre une large clairière 400 m plus loin.

Pour accéder à Tham Houay Saï, obliquer alors vers le nord en suivant une piste mal tracée qui pénètre dans la forêt puis se réduit à un sentier approximatif, jusqu’à rejoindre à nouveau le thalweg précédent, à peu de distance de la ligne de falaise. Tourner à gauche pour remonter le lit sableux du ruisseau, à sec en février, à l’exception de quelques vasques, jusqu’à ce qu’il tourne vers la droite. Un énorme tronc d’arbre git là dans le thalweg. Grimper sur la berge à gauche, dans la direction matérialisée par le tronc. Le large porche de Tham Houay Sai n’est plus qu’à une centaine de mètres, derrière le rideau d’arbres. On peut sentir l’air frais qui parvient de la grotte. On peut également rester dans le thalweg et le remonter jusqu’aux points d’émergence du ruisseau, à une centaine de mètres de là, et ensuite suivre le pied de la falaise vers l’ouest jusqu’à l’entrée de Tham Houay Saï.

Pour atteindre Tham Khoun Dôn, depuis la large clairière déjà citée, continuer tout droit sur la piste principale, pénétrer dans la forêt jusqu’à rejoindre en 1.2 km la base de la falaise calcaire, où se trouve la source de la Nam Dôn. Traverser la rivière (profondeur 1-1.2 m en février), et grimper sur la rive en face. L’entrée de la cavité, relativement petite (1 x 2 m), car masquée en partie par un concrétionnement abondant, se trouve une trentaine de mètres plus loin. Ne vous laissez pas distraire par les petits trous de pied de falaise intermédiaires proches de la rivière.